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mardi 9 octobre 2012

l'encens




Quoi : L’encens est une résine odorante destinée à être brûlée afin de produire une fumée relativement épaisse et parfumée.

Pourquoi : Dans l’ensemble des religions antiques, l’encens est utilisé pour rendre un culte à Dieu. Il est brûlé (en latin incensum vient de incendere), ce qui en fait un « holocauste »,– un sacrifice rendu à Dieu en don total–. De plus, la fumée qui monte vers le ciel symbolise bien la prière du sacrificateur.
Dans l’Ancien Testament, l’encens est cité près de 110 fois. C’est ainsi que Dieu demande explicitement un autel dédié au sacrifice de l’encens à Moïse dans le livre de l’Exode [1]. Zacharie lui-même, le père de Jean-Baptiste, reçoit l’annonce de l’Ange alors qu’il offre ce sacrifice de l’encens (cf. Lc 1, 9) dans le temple.

Quel sens :
Lorsque les mages se présentent devant l’enfant Jésus en Mt 2, 11, « ils lui offrirent en présents de l'or, de l'encens et de la myrrhe ». L’or revient au roi, la myrrhe est utilisé pour l’embaumement des morts, et l’encens est offert à Dieu.

On trouve des témoignages de l’usage de l’encens dans la liturgie chrétienne dès le Ve siècle. Il sert à honorer les lieux de la présence de Dieu :
C’est ainsi qu’on use d’encens lors de la procession d’entrée afin de montrer que Dieu est présent en son peuple lors de la progression vers les temps derniers. Puis on encense l’autel, signe de la présence du Christ, « pierre d’angle », ainsi que la croix [2].
C’est aussi la proclamation de l’Évangile qui est l’occasion d’un encensement, cette Parole proclamée qui est le Christ lui-même.
Lors de l’offertoire, on encense les oblats, « fruits de la terre », qui nous sont donnés par Dieu et qui lui sont rendus entièrement. On encense aussi le prêtre qui tient la place du Christ-pasteur, ainsi que l’assemblée, qui est « corps du Christ ».
Enfin, après la consécration, on encense le corps et le sang du Christ, en un acte de foi qui reconnait la présence du Dieu incarné sous ces humbles apparences de pain et de vin.

Au fond, l’encens en tant que tel n’est qu’un signe, mais il veut exprimer notre prière, notre vie même, un don total à notre Dieu et à nos frères :
« Oui, cherchez à imiter Dieu, comme des enfants bien-aimés, et suivez la voie de l'amour, à l'exemple du Christ qui vous a aimés et s'est livré pour nous, s'offrant à Dieu en sacrifice d'agréable odeur » [3].



« Que cet encens béni par vous, Seigneur, monte vers vous manifestant notre adoration et notre prière et que descende sur nous votre miséricorde et toutes les grâces dont nous avons besoin pour vous montrer davantage notre amour par notre adoration et notre prière ».



[1] Ex 30, 1
[2] Je vous invite à relire les articles précédent.
[3] Ep 5, 1

mardi 8 mai 2012

La croix


La liturgie en elle-même est “mémoire”, “actualisation” du mystère pascal. C’est là que Jésus « en mourant a détruit notre mort, et en ressuscitant il a restauré la vie »[1]. La croix, le crucifix, est l’un des grands moyens que nous donne l’Église afin de garder cette réalité devant les yeux.

Quoi : Sur une croix, le Christ est représenté. Dans les temps les plus anciens (IVe siècle), le Christ n’était représenté que vivant, glorieux, vainqueur de la mort. Peu à peu, avec l’oubli de l’horreur du supplice de la croix, on va pouvoir représenter le Christ souffrant et même mort.                       
croix d'autel à Cluny
Pourquoi : Dans l’église, et en particulier pendant la liturgie, l’Église souhaite placer devant nos yeux l’instrument de notre Salut : le Christ sur la croix. C’est même le cœur de la liturgie du Vendredi Saint, ou « l’adoration de la croix » prend une place prépondérante.
« Sur l’autel ou à proximité, il y a aussi une croix, avec une effigie du Christ crucifié »[2]   nous demande l’Église depuis le IXe siècle. Cette croix est aussi portée en tête des processions, manifestant ainsi la condition chrétienne, qui est de suivre le Christ.

Quel sens : La crucifix est le signe du don suprême que Dieu fait à l’humanité : son Fils, Jésus qui donne sa vie, pour notre salut. Jésus nous a dit : « Si quelqu'un veut venir à ma suite, qu'il se renie lui-même, qu'il se charge de sa croix, et qu'il me suive »[3], car dans la vie chrétienne, « il s'agit de connaître le Christ, d'éprouver la puissance de sa résurrection et de communier aux souffrances de sa passion, en reproduisant en moi sa mort, dans l'espoir de parvenir, moi aussi, à ressusciter d'entre les morts »[4].


« Chaque fois en effet que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne »[5].


[1] Préface de Pâques
[2] PGMR n°117
[3] Mc 8, 34
[4] Ph 3, 10-11
[5] 1 Co 11, 26.

vendredi 20 avril 2012

L’ambon



Puisque « l’Église ne cesse de présenter aux fidèles le Pain de vie pris sur la Table de la Parole de Dieu et du Corps du Christ »[1], l’architecture liturgique veut matérialiser l’unité qu’il y a entre le ‘Christ donné comme parole’ et le ‘Christ donné en nourriture’. C’est l’ambon qui en est l’instrument

Quoi :                         Concrètement, c’est une sorte de pupitre, situé en avant du Chœur, sur la droite ou sur la gauche, normalement tourné vers l’assemblée. Il est normalement fixe et sa décoration renvoie à l’autel. Son étymologie (en grec : anabainein = monter) indique qu’il est situé à un endroit haut, visible.

Pourquoi :      C'est à l’ambon que sont proclamés un certain nombre de textes pendant la liturgie :
les lectures de l’Ancien et du Nouveau Testament ainsi que la proclamation de l’Évangile doivent y être faites ;
Les chants du psaume et de l’alléluia, le chant des séquences, l’énonciation des prières universelles, le chant de l’Exultet pascal et l’homélie peuvent y être faite.
Et cela seul peut être accompli en ce lieu.

Quel sens :    Pour annoncer le Royaume, Jésus prend soin d’être bien vu et entendu de tous : c’est assis sur une éminence ou dans une barque que Jésus s’adresse au foule. Le Christ, assis symboliquement dans la « chaire de vérité », occupe la place du maitre et du pédagogue. De même, lecteurs, chantre, diacre et prêtre tiennent en ce lieu la place du Christ enseignant.
Enfin, comme nous le rappelle l’apparition de Jésus au disciples d’Emmaüs (Lc 24), la « Parole proclamée » est aussi essentielle à la messe que la « fraction du Pain » : « Notre cœur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? »




© HD
Ambon à Saint-Genis
L’ambon de notre église a été réalisé à partir de la chaire, ce qui est très judicieux. En effet, la chaire s’inscrivait dans la continuité de l’ambon antique. Réutiliser ce ‘meuble’ permet de souligner la ‘réforme dans la continuité’ voulue par le dernier concile et s’inscrire dans la très longue histoire de l’Église.
Sur les panneaux latéraux, sont représentées quelques symboles très parlants :
À droite un Livre est surmonté des deux tables de pierre sur lequel furent inscrite la Loi, c’est l’unité de la Révélation divine qui se réalise par l’Ancien et le Nouveau Testament qui est ici soulignée.
À gauche, la croix encadrée par l’Α et l’Ω, désigne le Christ – commencement et fin de l’histoire – qui est le sommet de cette Révélation de Dieu.
Enfin, au centre, une barque sur une mer déchainée, et une ancre monumentale : sur les flots du monde et de la vie, la parole de Dieu est le point ferme sur lequel je peux m’appuyer.
« En elle, nous avons comme une ancre de notre âme, sûre autant que solide » He 6, 19



[1] Catéchisme de l’Église Catholique, n°103.

samedi 9 juillet 2011

l'autel, cœur de l'église

Dans toute église, l’objet le plus important et (normalement) le mieux mis en valeur, est l’autel. En effet, c’est parce qu’il y a un autel dans un bâtiment que celui-ci devient adapté au culte chrétien. Mais qu’est-ce que l’autel ?

En l'abbaye N-D de Triors
Quoi :              Concrètement, c’est une sorte de table, en pierre ou en bois, généralement de forme rectangulaire, placé au lieu le plus digne de l’église et généralement surélevé.

Pourquoi :      C'est sur l'autel qu'est célébrée la Messe, l'Eucharistie, par laquelle sans cesse Jésus se donne à nous.

Quel sens :    Il représente la table sur laquelle le Christ se donne lors de la Cène du Jeudi Saint et représente aussi la croix sur laquelle s’accomplit ce don total et définitif. C’est pour cela qu’on le revêt d’une nappe qui a une double symbolique : celle de la nappe du « festin des noces de l’Agneau » et celle du linceul dont le Christ fut enveloppé au tombeau.
Il est donc le symbole par excellence du Christ qui est tout à la fois « le prêtre, l’autel et la victime ».
On y voit aussi le symbole fort du Christ, « pierre d’angle » de l'Église et « Pierre vivante ». C’est pour cela qu’il est le plus souvent en pierre et que, dans le cas contraire, on y enchâsse une « pierre d’autel ».

Avant de servir pour la première fois, l’autel est consacré : par des rites solennels, l’évêque oint l’autel avec l’huile sainte du baptême (Messie en hébreu et Christ en grec signifient justement « oint »). De plus, on y insère des reliques de martyrs et de saints. La présence de ces reliques manifeste que le sacrifice des saints –surtout des martyrs– est en lien direct avec le sacrifice du Christ.

Dans l’église, l’autel doit donc être notre point d’attention principal : c’est dans le Christ que nous sommes un seul corps et cela se matérialise par l’orientation de tous en direction de l’autel. Ainsi, la tradition de l’Église nous propose de vénérer l’autel par une inclination profonde, chaque fois que l’on passe devant, y compris hors de la liturgie. Et pendant la liturgie, l’autel est l’objet de nombreuses marques de vénération et de respect : inclinations, mais aussi baisers, ou encore encensement.