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samedi 27 décembre 2014

Une rencontre à ne pas rater...



Frères et sœurs,

Ce soir nous faisons mémoire de ce jour béni où Dieu s’est fait petit enfant. Où Dieu ne nous a pas laissé tomber : comme il nous aime vraiment, il est venu nous accompagner sur nos chemins…

Une rencontre

 
Car la fête de ce soir, ce n’est pas une commémoration, ce n’est pas un souvenir…  non, c’est la mise au présent d’un évènement étonnant : Dieu vient habiter parmi nous !
Évidemment, nous pouvons être ici par amour de la tradition, parce que c’est Noël et qu’à Noël, il faut aller dans une église ; 
 Nous pouvons être ici par habitude, parce que nous allons à la messe chaque dimanche et fêtes, et qu’à Noël on va à la messe ;

Mais peut-être êtes-vous déjà un peu déçu, peut être que la « messe de Noël » n’est pas comme vous l’attendiez ; peut-être qu’elle n’a pas la féérie des messes de votre enfance, peut-être que… 

Mais sommes-nous ici en spectateur ou en participant ? Sommes-nous là comme nous assisterions au défilé du 14 juillet, ou à la parade de Disneyland, ou sommes-nous ici pour vivre le mystère de Noël, la venue de Dieu lui-même au milieu de nous ? Avons-nous des cœurs blasés et aigris ? Ou avons-nous le cœur d’un enfant qui est à fond ?

Dieu vient à notre rencontre… il se donne à nous aujourd’hui, dans sa Parole, et dans son Eucharistie, et il ne fait pas semblant
 Et maintenant, là tout de suite, vous pouvez décider de lui ouvrir votre cœur… il ne se lasse jamais de frapper à la porte de notre cœur. Si nous nous sommes loin, lui il est proche !
Et l’an prochain, nous aurons cherché à faire sa connaissance, par sa Parole, par ses sacrements… ce Jésus, qui est venu parmi nous tout petit, tout simple, afin que nous puissions être ses amis, nous serons beaucoup plus prêts à l’accueillir…

C’est une décision que l’on peut prendre maintenant, librement, volontairement : je veux devenir l’ami de Jésus… et ma résolution de nouvelle année, c’est de lire sa parole, de vivre les sacrements et de découvrir son Église

Gloire à Dieu dans le Ciel et paix aux hommes sur la terre


Noël, c’est aussi la fête du Prince de la Paix… Nous la voulons cette paix. Et nous avons raison. La paix est un grand bien. La paix c’est l’état de tous ceux qui vivent en harmonie avec la nature, avec les autres, avec eux-mêmes.
Voilà plus de 2000 ans que le Prince de la paix est venu habiter parmi nous… et pourtant ce soir les prières pour la paix ne manquent pas…
Rien ne change… ?! Pourquoi ?

Peut-être faut-il entrer dans la démarche de Dieu : il nous aime et nous veut libre. D’une liberté réelle qui nous permet de véritablement aimer… car pas d’amour sans liberté… que pensez-vous de celui qui « aimerait » sous l’emprise d’un philtre d’amour ? En fait ce ne serait pas de l’amour, mais une addiction…

Il nous faut entrer dans la démarche de Dieu, celui qui nous fait dire par ses anges : Gloire à Dieuet paix aux hommes
Deux termes, qui peuvent être considéré comme uni par un lien de causalité… Gloire à Dieu… et alors la paix aux hommes
Gloire à Dieu… comment le faire ?

Jésus nous a répondu : Écoute Israël… tu aimeras le Seigneur Dieu de tout ton cœur de toute ta force de tout ton esprit, et tu aimeras ton prochain, comme toi-même.
C’est la clé de la joie, et de la paix !

Seuls, nous sommes bien incapables de le faire… mais Dieu lui-même vient nous aider. Par sa Parole, par son Église : Accepterons-nous son aide ?

Voilà, tout est là. La paix, ce n’est pas une belle idée dont je ne suis pas responsable, ce n’est pas une valeur sans forme…
Non, la paix, c’est un acte de ma part : celui de rendre gloire à Dieu, en l’écoutant, en l’aimant et en aimant mes frères, les proches et les moins proche… la paix, c’est prendre résolument le chemin de Jésus, celui qui commence à la crèche et qui va jusqu’à la croix.

Comme le Seigneur sait combien nous sommes faibles, il nous fait don de lui-même, dans sa Parole, et dans son Eucharistie : venez prendre des forces auprès de lui. Et alors vous toucherez à la joie et à la paix.

dimanche 7 septembre 2014

Homélie - Correction fraternelle - 23e dimanche A

 Chers amis, frères et sœurs dans le Christ.

Pierre et Paul, exemple de correction fraternelle : Ga 2, 12
La Parole de Dieu d’aujourd’hui, elle m’a toujours paru difficile… Jésus nous demanderait-il d’être des redresseurs de torts ? Jésus nous demande-t-il d’être des « pères la morale » ? Jésus nous demande-t-il d’être des empêcheurs de tourner en rond ?

Il y aura deux points…

Ce que Jésus enseigne…
Jésus explique ce que je dois faire si je constate que mon frère fait une bêtise. Non pas quelque chose qui m’embête… Le mot péché, en grec, c’est un mot qui veut dire « qui manque la cible »… cette bêtise, c’est quelque chose qui l’empêche d’atteindre le véritable but, le vrai bonheur. Quelque chose qui l’empêche d’avancer véritablement à la suite du Christ. Et Jésus donne mission à tous les disciples, à tous les membres de son Église, à nous tous.
Nous avons pu voir que ce type de mission n’est pas nouvelle. Déjà Ézéchiel avait reçu mandat du Seigneur d’avertir les méchants. Mission importante, car Dieu affirme que si le méchant doit assumer les conséquence de sa méchanceté, le prophète, qui est innocent, en est aussi responsable, s’il n’a rien fait.
C’est rude non ?
Et pourtant c’est une expérience courante : si nous voyons notre ami être imprudent, sur son échelle branlante… et que nous ne disons rien, non seulement il se blessera, mais en plus il faudra l’emmener à l’hôpital ! les conséquences de mon omission sont ici bien visibles…
Puisque nous sommes tous baptisés, Fils de Dieu, membres d’un même corps, nous sommes tous concernés par l’agir des autres chrétiens. Il y a une véritable solidarité chrétienne, au point que lorsqu’un chrétien s’élève, l’univers entier s’élève !

Jésus nous présente un processus gradué, qui a pour but de faire découvrir le vrai et le bon à celui qui s’égare. C’est bien une œuvre de miséricorde à laquelle il nous est demandé de participer… car être compté parmi les publicains, ce n’est pas seulement une exclusion, c’est surtout être mis au rang des Zachée et des Matthieu… et nous savons combien le Christ a souci d’eux, et à quoi il les a appelé.

Comme souvent, on ne peut vraiment comprendre ce texte, qu’en le mettant en rapport avec le reste de l’Écriture… et là, la phrase qui nous aide, c’est un verset de psaume : « amour et vérité s’embrassent » !
L’objectif de la correction fraternelle n’est pas de dire la vérité à tout prix, quitte à blesser  sans autre but que la vérité. Non. La correction fraternelle est, et doit être, avant tout un acte d’amour. Saint Paul le dit « L'amour ne fait rien de mal au prochain ». Mais comme nous sommes humains, pécheurs, nous avons bien du mal à le vivre ainsi !

Alors retournons le problème

Mais si c’est moi qui fait une bêtise… si c’est moi qui me retrouve empêché à cause de mes actes de poursuivre le véritable but, qu’en est-il ? Ne serais-je pas heureux d’être aidé ?
Objectivement, à tête reposée, ne suis-je pas heureux lorsque je suis sur mon échelle brallante, et qu’on me donne un bon conseil pour éviter un accident ?
Peut-être est-ce aussi vrai dans l’ordre spirituel. Peut-être faut-il que j’accepte que mon frère puisse être l’instrument de la miséricorde divine… Peut-être me faut-il entendre la réelle dimension de charité qui est sous-jacente à l’intervention d’autrui. Malgré sa maladresse, malgré sa faiblesse, mon frère chrétien est lui aussi à l’écoute du Seigneur. Et s’il vient auprès de moi pour me dire une vérité, suis-je à son écoute, suis-je disponible, suis-je prêt à me remettre en cause ?
Que ce soit dans la vie morale ou dans la doctrine, si j’accepte de me laisser pétrir par la parole de Dieu, si j’accepte de croire que je n’ai pas toujours raison, alors peut-être pourrais-je entrer sur un vrai chemin de discernement, est-ce que j’accepte d’entendre le Christ qui me crie : « convertissez-vous, le royaume de Dieu est au milieu de vous ! », ou comme nous le chantions « aujourd’hui ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur ».


Pour conclure
Pour vivre cette correction fraternelle, telle que le Seigneur nous engage à le vivre, il nous faut un ingrédient. C’est en fait le seul qui est nécessaire : L’humilité. La conscience de mon imperfection. Tous nous sommes en chemin vers le Christ, et vers le bonheur éternel. Et le seul qui nous entraine sur ce chemin, c’est Jésus lui-même. Je ne suis pas la mesure des autres, je ne suis pas la référence… c’est Jésus qui l’est.
C’est la véritable humilité et le véritable amour de l’autre qui me permettra de l’aider à grandir. Et c’est la véritable humilité et le véritable amour qui me permettront de recevoir les remarques qui m’aideront à grandir…

Et c’est le Seigneur qui nous fait cadeau de cela. Accueillons-le, dans l’Eucharistie et dans la Réconciliation afin de recevoir de lui humilité et amour.
« revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ »

mercredi 5 mars 2014

Entrons dans le Combat de Dieu


Revenez à moi de tout votre cœur...

Homélie - Mercredi des cendres 2014


« c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut »
 Depuis la création Dieu se donne, par l’incarnation il a tout donné, il s’est tout donné pour nous et pour notre Salut. Tout nous est donné, le royaume est au milieu de nous, le salut nous est donné, il n’a rien à y rajouter.
Et pourtant vous me direz qu’il doit manquer quelque chose, car on a pas l’impression que le Salut soit pleinement accompli ! Et vous avez raison !
« laissez-vous réconcilier avec Dieu ». Il manque quelque chose pour que le salut advienne dans notre vie.
C’est nous-même. De moi seul dépend le salut : quand le médecin vient me soigner, si je ne prends pas les médicaments qu’il me prescrit, comment être guéri ? Jésus est aussi un médecin, il me fait une prescription, la conversion…
C’est maintenant que nous sommes appelés à changer de vie, à prendre la résolution de suivre le Christ chaque jour. C’est maintenant que nous sommes appelés à entendre l’appel du Christ : « convertissez-vous et croyez à l’Évangile » !

« ton Père voit ce que tu fais dans le secret »
Aujourd’hui, Jésus est très concret. Il nous parle de trois actions, qu’on appelle aussi les 3 P : partage, prière, pénitence.
Il ne dis pas « faites l’aumône, priez, jeunez ! »… non, il dit : « quand vous faites l’aumône, quand vous priez, quand vous jeûnez , mettez-y du sens » !
Jésus vient nous préciser l’esprit dans lequel ces actes doivent être posés : faire l’aumône, ou jeûner, ou prier… c’est bien. Mais si c’est pour se faire bien voir, cela ne sert à rien. Si c’est pour obéir craintivement à une loi extérieure, cela ne sert à rien. Si c’est pour faire comme tout le monde, cela ne sert à rien. Ça nous rappelle Saint Paul : « si je n’ai pas l’amour, je ne suis qu’une cymbale retentissante »…

En revanche, si l’amour est premier, si je pose ces gestes pour me tourner vers le Père qui m’aime, pour me tourner vers mes frères, pour apprendre à sortir de moi-même, alors je serai à l’image du Christ.
Et comme lui, je n’ai besoin que du regard du Père sur moi.

« les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu » 
Car tout est là : ce que le Christ nous propose, c’est de devenir pleinement fils comme lui… et pour cela, « les yeux fixés sur Jésus-Christ, entrons dans le combat de Dieu ».
C’est ce que nous propose l’oraison de la messe. Et quel est ce combat ? le combat de Dieu, depuis la création du monde, en passant par l’incarnation et aujourd’hui encore, jusqu’à la fin des temps, c’est que nous devenions ses fils. 
Les actes, ces 3 P que nous propose Jésus, sont les moyens de garder les yeux fixés sur le Christ, sans être sans cesse distraits par les biens de ce monde.
Pour « suivre Jésus de près », choisissons les 3 P, choisissons de nous détacher de certaines satisfactions immédiates, choisissons nous attacher à nos frères, choisissons nous attacher à Dieu. 

« c'est maintenant le moment favorable, c'est maintenant le jour du salut » !
Et alors, nous serons des chrétiens, d’autres Christ, comme Jésus, vraiment fils de notre Père.

lundi 9 décembre 2013

L'Avent, temps de la conversion

(sur l'évangile du 2e dimanche de l'Avent A : Mt 3)

Jean-Baptiste est « la voix qui crie dans le désert ». Et que crie-t-il ? « Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche ». Se convertir… vous connaissez le ski ? Vous savez quand il faut faire un demi-tour sur place ? cela s’appelle une conversion. La conversion, c’est cela : je change de sens, je change de direction. Et cette conversion, c’est arrêter de m’attacher aux choses futiles pour me tourner vers ce qui est vraiment important.

Jean nous le dit : « le royaume des cieux est proche ». Mais ce royaume ne m’est pas imposé. Il n’y a que moi qui puisse le faire entrer dans ma vie. Finalement, c’est ma conversion qui est nécessaire pour que le Royaume advienne aujourd’hui dans ma vie et dans la vie du monde. Rappelons-nous cette phrase de mère Térésa : à la question d’un journaliste, que faut-il changer dans le monde pour que ça aille mieux ? elle a répondu vous et moi.
Et Jean Baptiste dit exactement la même chose : « Produisez donc un fruit qui exprime votre conversion » : C’est bien beau de rêver d’un monde meilleur, mais si je ne commence pas par me changer moi-même, rien ne changera. Nous le proclamons à chaque messe ; le prêtre dit : « élevons notre cœur », et nous répondons : nous nous convertissons, « nous le tournons vers le Seigneur » !

Les derniers versets sont sévères non ? « tout arbre qui ne produit pas de bons fruits va être coupé et jeté au feu » ; « Quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas. »
Comment les comprendre vraiment ?
Le Christ est sauveur, il ne veut pas la mort du pécheur. Il n'est pas venu pour nous condamner mais pour sauver ce qui était perdu. Il vient à nous comme un travailleur qui nettoie son chantier. Il sépare ce qui est bon de ce qui est mauvais ; sa zone de travail, c’est notre cœur.  Et si je le laisse faire,  il n’y laisse que ce qui est bon.
Le fruit de la conversion, c’est justement le bon grain… si nous nous convertissons, nous laissons le Christ travailler en nous et nous porterons du bon grain, et nous serons attachés aux choses essentielles. Finalement, la paille des choses futiles, nous serons heureux de la voir partir au feu, d’en être débarrassé.
A l’inverse, si nous ne nous convertissons pas, si nous préférons la paille au grain, nous n’arriverons pas à nous en détacher et peut-être même voudrons-nous la suivre dans le feu...